Chemins, chemins
Chemins, chemins
Chaotiques, bordés
De fleurs étranges
Desséchées
Par la bise glaciale
Parsemés de vulgaires
Pierreries
Et de mortes branches
Jonchés de
L’éclat
De mes pensées
Folles, interdites
De mes coups
De cœurs arrêtés
Nets
Piétinés même
Jusqu’à plus
Chair
Jusqu’à plus
Sang
Chemins, chemins
Infinis
Invisibles
Équilibre précaire
D’un imaginaire
Inimaginable
Tortueux
À n’en finir que
Par la tête
Incendiée
D’une réalité trop
Restreinte
Aux mobiles
Insipides
D’un squelette
Anguleux, cassant
Terre légère
Fine
Entre mes mains
Sablier du temps
Ridées, crochues
S’écoule
Inlassablement en
Petits plis
Fantomatiques
Formés dans
Je ne sais quel dessein
Égrène
Imperturbablement le
Compte
À rebours
À remonter
Insurmontable
Tel les perles
De bile
Larmes de fiel
Éphémères
Vers la mort
S’écoulant
Et faire
Naître
Des coquelicots de haine
Aux larges
Pétales de
Sang
Sang serein
Sans souci
D’autrui ni
Des âmes
Avec furie
Qui
S’élancent
Les unes contre
Les unes
Mélange de
Passion
Aveugle et
D’irréductible frayeur
Pétale de feu
Pétale de mort
Langue de sang
Langue d’amour
Effeuillées, effritées
Broyées, laminées
Langue de
Pétales
Crachats
Venin
Longues dents acérées
Déchiquetant
Mâchant
Brouillant
Chemins, chemins
Qui plus
N’êtes les miens
Qui
Arrêtez !
M’enroulez
M’écrasez
Chemins, chemins
Tueurs
Serpents
Lianes vengeresses
Terre
Envolée
Souilée
Hors du Sablier disparue
Chemins, -
Moi
Vides bordures
Accrochée
Épines ensanglantées
Déchirantes
Chemins, chemins
Bord du gouffre
Escarpés
Truffés
D’obstacles
Néant plus
Maintenue.
20/02/93 – Tous droits réservés