Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
27 Jul

G.B.'s world - Part 3

Publié par Layna Connors  - Catégories :  #Fantasmagories

Le manque

    Rien ne prédestinait à une rencontre. Tout s'assemble pour nous contrarier.

    Je vis à Paris, lui entre Los Angeles, New York, Londres et Dublin.

    Je ne veux pas faire souffrir mon conjoint et mes enfants par une rupture, lui est libre de toute moitié, ses deux enfants sont suffisamment grands pour lui fichent la paix.

    Il est assez connu, peu par le spectateur lambda, très par le cinéphile averti, je suis une inconnue illustre .

    Je perds la tête dès qu'il s'agit de lui, pourtant zen et fataliste il est devenu jaloux, parfois odieux.

    Mon odeur lui manque. Ma peau se languit de ses caresses. N'a-t-il pas trouvé, guidé par une connaissance instinctive, les unes après les autres, les zones les plus sensibles de mon corps. Je ne dis pas inaccessibles, je dis bien " les plus sensibles " ? Lequel de mes amants passés a su qu'embrasser l'intérieur de mes coudes me faisait presque jouir, que jouer de la langue entre mes omoplates était le meilleur moyen de m?asservir sexuellement ? Lequel ? Mon conjoint lui-même, dirigé, assisté, n'en sait toujours rien.

    Il a enregistré mon rire, mes gémissements, ma façon de prononcer son prénom. Pour ne pas me perdre. Dit-il.

    Je me sens, tout et moins avec lui. 

    Je suis celle qui n'attend de lui QUE ce qu'il est, ce qu'il a envie de dire, de faire, de me faire. Je suis celle qui lui dit la vérité. Celle qui ment pour lui mais qui ne lui ment pas.

    Les heures passées ensemble pourraient se compter en minutes. J'ai appris à inventer des réunions en province pour passer quelques heures à Londres ou à Copenhague dans ses bras, des foires internationales, des rendez-vous avec un auteur à l'étranger. J'ai appris à faire l?amour par téléphone, dans les plus belles suites de la capitale. J'ai appris à accepter "son" argent pour ces folies qui nous permettent des moments d'intimité. J'ai appris à regarder mon conjoint droit dans les yeux, à rester la mère de ses enfants, malgré tout. J'ai appris à me compartimenter pour ne pas crier de douleur parce qu'IL n'est pas là. J'ai appris le manque de lui. La souffrance de lui.

    Relation adultérine et passionnelle qui ne doit faire souffrir que nous deux. Nous seuls.

    Il a appris à contenir son imagination. A ne plus me harceler sur ma vie avec the other one, ou si nous "le" faisons encore. Je ne lui ai pas dit combien de maux divers m'assaillaient en-dehors de ses bras. Il a appris à me partager tout en étant le seul homme de ma vie. Il a appris à me faire mal sans laisser de trace, à tatouer son urgence dans mon corps, à me faire un bien qu'il est le seul à pouvoir me prodiguer. Il a appris à me laisser en m'enchaînant à lui.

    J'aime son âme, sombre et sensible, j'admire son don, j'aime ce rôle d'inspiratrice et de partenaire qu'il m'accorde.

    Lorsque des brassés d'arums, de roses blanches ou de tournesols envahissent mon bureau, je pleure dans les toilettes sur une carte blanche signée G.B.

à suivre

Commenter cet article

Archives

À propos

Humeurs et délires littéraires