Du développement
J’ai pu observer de près le développement d’une mini crevette.
Mode opératoire : la crevette se fait d’abord toute petite, minuscule, pour se planquer dans un douillet abri, sombre, loin du bruit et des odeurs. Une fois que ladite planque est sécurisée et bien c’est parti mon kiki, la crevette commence sa nouba, mangeant et buvant comme 4, faisant des galipettes à n’en plus finir.
Fatalement, à force de ce régime, on finit par remarquer sa présence. Mais quand la crevette est maligne : c’est trop tard, on ne peut plus reculer, on se retrouve embarquer dans un voyage de 6 ou 7 ou 8 ou 9 mois, selon les cas, en compagnie de la crevette.
Il peut arriver que l’abri ne soit pas complètement sécurisé. Soit que le voisinage ne soit pas très coopératif, soit qu’on la pousse au départ. Dans le premier cas le crevette peut se montrer extrême, amenant l’assiégeur de son abri à la boulimie, les vomissements, voir l’abêtissement. Le plus souvent la crevette se retrouve vaincue, morte au champ d’honneur…
Ma crevette à moi, enfin, entendons-nous bien, celle que j’observe depuis quelques mois, a été moulée à Koh Lanta, adoubée à la sauce Terminator, et qui devrait, selon toute la vraisemblance de ma capacité imaginative, ressembler au Shepard de Lost.
Cette survival crevette en a fait voir à sa voisine, croix de bois, croix de fer si je mens je vais en enfer. Elle en dormait que moins, en perdait l’appétit et ses kilos plus que plus, je vous passe les détails… je cru bien que la crevette vaincrait par K.O. (chaos ?) total. Et puis… et puis l’une et l’autre s’accommodèrent de cette situation.
A présent, l’abri tout à fait sécurisé, la crevette prend ses quartiers, ses aises, poussant les « murs », agrandissant le nid.
La mini crevette se meut en crevette géante et c'est beau !