Souvenirs, souvenirs
« où il est question de la première fois ».
Pendant longtemps je n’ai pas envisagé cet événement de la vie en tant qu’événement. Etait-ce parce qu’il n’y avait pas la magie de l’amour pour le rehausser de rose et de brillant ? Etait-ce parce qu’il n’y avait pas de « correspondant étranger » ou de sable estival dans le tableau pour le parer des couleurs de l’exotisme ?
No lo sé. Pourtant, cet événement - sans roulements de tambours, ni trompette, ni spotlight – fait tout de même parti de ceux qui ne se produisent qu’une fois dans une vie, fusse/y compris la mienne.

Ma première fois
J’avais 17 ans et, à part les bécots de Vincent Z. au CP et les galoches de Frédéric C. en 6e (avec la moustache que je me payais je me demande encore comment, pourquoi il voulait m’embrasser ??), j’étais le portrait craché de la super copine, un brin garçon manqué, attirant à elle les homos en devenir, ayant du tempérament (déjà) ; la bonne « teneuse de chandelle » des copains et copines qui, eux, enquillaient les flirts.
Bah oui ! je n’étais pas encore la femme sensuelle et bandante que j’allais devenir plus tard (et ça, ce sont les hommes plus âgés qui l’ont d’abord détecté !)
Lui, Cyril B. était à peu près dans le même schéma que moi. Qui plus est on s’entendait bien, on déconnait bien ensemble et, de no-flirt las, nous avons décidé d’unir nos 17 ans et notre virginité.
C’était réfléchi, pragmatique. C’était ce qu’il fallait faire pour arrêter de se sentir merdeux parmi nos potes. Ce qui l’était moins – réfléchi – fut… la taille du membre de mon comparse. Ah non mais je vous assure ! Et pour moi qui « voyais le loup », érigé, pour la première fois : quel choc !
Pas de celui que j’aurais su apprécier des années plus tard, non, là il était question d’effroi, de peur : mais comment cet engin allait-il se frayer un chemin ? (intérieurement c’était « putain mais c’est énorme ! comment ça va rentrer bordel ??!)
Pas d’inquiétude, ce qui suit ne sera ni gore ni pathétique. Mon esprit a purement occulté l’acte en lui-même. Ca s’est passé. Voilà.
Après les poils, après les règles, j’étais enfin une femme !
NB : plus tard seulement j’ai compris que ça ne suffisait pas à faire de soi une femme… :-)