Faut que ça sorte !
Premiers souvenirs, 3 ou 4 ans. A Troyes. Tableau : ma mère, mon beau-père et moi.
Mon beau-père nous a enfermé ma mère et moi, mais comme nous sommes au rez-de-chaussée et que ma mèretient absolument à ce que j'aille jouer dehors, elle me fait passer par la fenêtre de ma chambre, avec mon landeau et ma poupée. Le bas à sable n'est pas loin. Elle me surveille de loin.
Mon nounours est ce que j'ai de plus cher. Confident, spectateur. C'est par télépathie que je communique avec lui. Je l'ai appelé Manounou.

Dîner. Ne rien dire de peur de susciter la colère de cet homme dans nos vies. Angoisse ? Peur ? Non, c'est comme cela que ça se passe, point.
Ma vie tourne autour de ces buts : faire plaisir à ma mère en faisant totu ce qu'elle demande, ne pas énerver mon beau-père, faire des dessins sur des cartes que ma mère envoie à mon père.
Quoi que je fasse mon beau-père ne me supporte pas. Je suis pourtant silencieuse et sage. Pourquoi les coups de fouet, auquel il a pris soin de faire des noeuds au bout m'a-t-il dit un jour ? Pourquoi les coups de fer à repasser ? Mystère mystérieux comme on dirait aujourd'hui.
Manounou et moi sommes spectatrices d'un monde que nous ne comprenons pas. Heureusement le soir nous rêvons. C'est chouettes les rêves.
Silence. Coups. Douleur.
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Tels sont mes premiers souvenirs.
Pourquoi vous les raconter ? Aucune idée. Je me suis réveillée ce matin avec les images de ce post qui s'écrivait dans ma tête... Peut-être parce que j'ai - enfin ! - compris, depuis peu, que je n'étais pas responsable de ces premiers souvenirs, pas plus que du retour chez mon père, des cris entre lui et ma mère, des coups qu'il lui portait, des bleus, du nez cassé qu'elle a eu.
Pas responsable donc pas coupable.
Elle a fait des choix, suivi des chemin. Parce que j'étais son enfant j'ai dû suivre, subir.
J'ai compris aussi que je ne devais pas en avoir honte. Mes épaules sont plus légères, ma tête aussi.
Je suis ce que je suis, je suis faite de ces choses et de beaucoup d'autres, meilleures, plus belles.
A ceux* qui n'aiment pas ce que je suis, qui me voudraient différente, "à leur image" : passez votre chemin, arrêtez de m'emmerder et de me faire chier.

*à ce jour mes conjoint et mère
Mon beau-père nous a enfermé ma mère et moi, mais comme nous sommes au rez-de-chaussée et que ma mèretient absolument à ce que j'aille jouer dehors, elle me fait passer par la fenêtre de ma chambre, avec mon landeau et ma poupée. Le bas à sable n'est pas loin. Elle me surveille de loin.
Mon nounours est ce que j'ai de plus cher. Confident, spectateur. C'est par télépathie que je communique avec lui. Je l'ai appelé Manounou.

Dîner. Ne rien dire de peur de susciter la colère de cet homme dans nos vies. Angoisse ? Peur ? Non, c'est comme cela que ça se passe, point.
Ma vie tourne autour de ces buts : faire plaisir à ma mère en faisant totu ce qu'elle demande, ne pas énerver mon beau-père, faire des dessins sur des cartes que ma mère envoie à mon père.
Quoi que je fasse mon beau-père ne me supporte pas. Je suis pourtant silencieuse et sage. Pourquoi les coups de fouet, auquel il a pris soin de faire des noeuds au bout m'a-t-il dit un jour ? Pourquoi les coups de fer à repasser ? Mystère mystérieux comme on dirait aujourd'hui.
Manounou et moi sommes spectatrices d'un monde que nous ne comprenons pas. Heureusement le soir nous rêvons. C'est chouettes les rêves.
Silence. Coups. Douleur.
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Tels sont mes premiers souvenirs.
Pourquoi vous les raconter ? Aucune idée. Je me suis réveillée ce matin avec les images de ce post qui s'écrivait dans ma tête... Peut-être parce que j'ai - enfin ! - compris, depuis peu, que je n'étais pas responsable de ces premiers souvenirs, pas plus que du retour chez mon père, des cris entre lui et ma mère, des coups qu'il lui portait, des bleus, du nez cassé qu'elle a eu.
Pas responsable donc pas coupable.
Elle a fait des choix, suivi des chemin. Parce que j'étais son enfant j'ai dû suivre, subir.
J'ai compris aussi que je ne devais pas en avoir honte. Mes épaules sont plus légères, ma tête aussi.
Je suis ce que je suis, je suis faite de ces choses et de beaucoup d'autres, meilleures, plus belles.
A ceux* qui n'aiment pas ce que je suis, qui me voudraient différente, "à leur image" : passez votre chemin, arrêtez de m'emmerder et de me faire chier.

*à ce jour mes conjoint et mère