M.C. ep1
ATTENTION ! ! Fille vulgaire nnoncée
!
Fais chier putain de merde. Mon avancement pro
je l’attends encore, ma demande d’augmentation on n’en parle même pas ; fin juin et il pleut des cordes ; je glisse dans mes nu-pieds à talons, arghhhhh ; Miss D. est en retard,
son portable est HS, impossible de lui dire que le lounge-bar repéré par hasard est loin de l’ambiance cosy que nous « expections » mais carrément plus
proche de la MJC. En plein 9e arrdt. ? Why not. Et ce putain de gros, non, de petit connard de merde, avec son bermuda dégueu, sa casquette hideuse de traviole, qui tape la
tchatche avec son pote le barman, ses bras s’agitant dans tous les sens, sa voix flûte et feutrée à la fois, sa clope qui manque mon visage de peu à chaque fois. Fais chier se con quoi !
M’en fout de ce qu’il peut bien raconter qui soit si drôle : veux juste un truc à boire moi ! Pas de Cosmo ni de Martini vodka : je suis ready pour la binouze
gars !
Vous croyez qu’il me verrait le barman ? Que j’arriverai à le coincer avec mon regarde de chien battu qu’à trop envie d’une mousse ? Queude ! Mon regard devient assassin. J’ai envie de lui en colelr une, de le prendre parle colbach,de lui écraser sa putain de face sur la surface collante de son zinc et de lui péter le tympan avec ma commande. (je vous avais bien prévenu que j’allais faire dans la vulgarité n’est-ce pas ? j’avais omis la violence de mes propos ? Oups ! M’en fout de toute façon !)
Le gnome devant moi parle d’un truc bizarre, musicos c’est sûr. Il doit préparer un truc avec le barman. Ils sont cousins peut-être ? Merde putain, qu’est-ce que j’en ai à faire qu’ils soient cousins ou dieu sait quoi, je veux une binouze bordel à queue !!
Action => réaction ! Le gnome me regarde ébahi quand je lui prend sa clope, plie son bras et - beurk ! - me presse à lui pour accéder au bar.
- Ben oui, moi aussi j’ai envie de boire un coup, et puis ta clope qui s’agite à 1 cm de mon œil, j’aime moyen. J’aime pas du tout d’ailleurs. (au barman) je peux avoir une bière maintenant ?
- Faut pas s’énerver comme ça, ose le gnome.
J’aurais eu la L’Oréal touch il aurait bouffer du cheveu !
- Tu crois que je m’énerve là ? Ca va faire 20 mn que tu fais le zouave devant moi, que tu m’empêches de commander un truc ; t’as failli me planter ta clope dans l’œil 20 fois, et tu trouves que je m’énerve ? Quand je t’aurais planter mon talon où je pense, et ben là oui tu pourras me dire « faut pas s’énerver comme ça ».
Mouché me dis-je. Sauf que le très léger frémissement au coin de ses lèvres ressemblerait à un sourire en devenir. Et là mon gars, si tu t’imagines, moi sainte-fille-du-je-choisis-toujours-mes-mots-et-je-ne-crée-jamais-de-conflit, que tu vas pouvoir te foutre de ma gueule, va y avoir problème mec !
Fort à propos le barman me glisse un verre sous le nez, accompagné d’une deuxième chope.
- Offert par la maison.
« Merci » se coince dans ma gorge. Combat entre politesse et énervement. Qui l’emportera ? Le gnome, encore :-(
- Désolée mademoiselle, venez, je vous installe dans un coin tranquille.
D’autorité - arghhhhh - il prend mes chopes – je vais passer pour une alcoolo qui plus est ! – et je
dois le suivre. Là encore, « merci » reste coincé. Même ironique, chargé de mépris, de rancoeur, impossible de le sortir. Lui, aimable, affable, me regarde tout sourire.
Je sens des regards sur nous. Toute la salle nous observe. Esclandre. Le premier de mes 37 années sur terre. Merde. Ne pas rougir, surtout ne pas rougir. Son sourire contre mon regard mitrailleur. Sa tête me dit vaguement quelque chose. Un ex ? Non. L’ex d’une copine ? Je m’en souviendrai. Un collègue ? Ma mémoire photographique me fait défaut. Abus d’adrénaline certainement. Impossible de sortir dignement de cette situation. J’opte pour la solution la plus élégante : air narquois, mes sourcils surélevés façon « quoi encore ? », puis je plonge mon nez dans mon sac. Ecrire, vider mon sac rapidos. Au secours Miss D. ! Où es-tu ?!!
A SUIVRE