Billets d'humeur, j'aime-j'aime pas, un peu de lecture.Je suis une femme comme les autres. Je n'ai rien de
spécial. Si ce n'est le besoin d'exposer, un peu, les soubresauts de mon âme.
Il y a eu ce film, que je ne voulais absolument pas voir, bien trop violent pour
moi (je n’avais même pas réussi à dépasser le 1er chapitre du livre). J’ai fait un amalgame entre le personnage et l’acteur, au point que l’acteur, CB, me semblait dingue, psychologiquement tordu et puis… et puis d’autres films et LA révélation : ce type est un acteur doué, immensément doué,
impossible de passer à côté désormais !
Physiquement… il entre dans mes 75% : brun, sec, teint d'albâtre, regard de braise.
Allez, quelques infos pratiques surCB:
Qu’ajouter de plus… ah si ! il a une capacité exceptionnelle à imiter/reproduire les accents étrangers.
Voilà, je crois que vous en savez suffisamment. Qui est doncCB?
Après les fausses propositions de
dîners "budget illimité", après une non après-midi d’amour remplacée par des complaintes et atermoiements, Batman s’est livré :Batman est très riche. Batman est malheureux.
Batman a toujours fait du mieux qu’il pouvait mais ça ne convient/marche jamais. « Batman a raté sa vie » dixit himself.
Malgré mon côté « j’aime les gens, faut pas qu’ils soient malheureux », et malgré la forte attractivité sexuelle que j’éprouvais
(sic !) j’ai laissé tomber (et puis l’Homme au bonnet annonçait sa venue !).
Et puis... Batman est revenu. Avec d’avantage d’énergie. Pour parler de tout et de rien, surtout de rien. Batman a besoin d’une oreille
attentive, compatissante… et neuve. Une assistante sociale, une infirmière, une psy whatever ! Là j’ai ri et j’ai à nouveau laissé tomber : mon agenda chargé, l’abordage
de l’Homme à la panne… et puis la vision de Batman essayant de décoller sur « I believe I can fly » (http://www.deezer.com/track/636216) a totalement désérotiser ce pauvre hère (thank God !)
Silence radio. Jusqu’à cet échange SMS :
Lui : tu es fachée ?
Moi (que répondre à ça ?...) : oui
Lui: donc je peux supprimer ton
numéro ?
Moi(éclats de rire !) : tu
fais ce que tu veux, tu es grand !
Lui:…
Du coup il m’a appelé pour s’excuser (oui madame !), et pour parler de lui, de rien…
Pendant longtemps je n’ai pas envisagé cet événement de la vie en tant qu’événement. Etait-ce parce qu’il n’y avait pas la magie de
l’amour pour le rehausser de rose et de brillant ? Etait-ce parce qu’il n’y avait pas de « correspondant étranger » ou de sable estival dans le tableau pour le parer des couleurs
de l’exotisme ?
No lo sé. Pourtant, cet événement - sans roulements de tambours, ni trompette, ni spotlight – fait tout de même parti de ceux qui ne se
produisent qu’une fois dans une vie, fusse/y compris la mienne.
Ma première fois
J’avais 17 ans et, à part les bécots de Vincent Z. au CP et les galoches de Frédéric C. en 6e (avec la moustache que je me payais je
me demande encore comment, pourquoi il voulait m’embrasser ??), j’étais le portrait craché de la super copine, un brin garçon manqué, attirant à elle les homos en devenir, ayant du
tempérament (déjà) ; la bonne « teneuse de chandelle » des copains et copines qui, eux, enquillaient les flirts.
Bah oui ! je n’étais pas encore la femme sensuelle et bandante que j’allais devenir plus tard (et ça, ce sont les hommes plus âgés qui
l’ont d’abord détecté !)
Lui, Cyril B. était à peu près dans le même schéma que moi. Qui plus est on s’entendait bien, on déconnait bien ensemble et, de no-flirt
las, nous avons décidé d’unir nos 17 ans et notre virginité.
C’était réfléchi, pragmatique. C’était ce qu’il fallait faire pour arrêter de se sentir merdeux parmi nos potes. Ce qui l’était moins – réfléchi
– fut… la taille du membre de mon comparse. Ah non mais je vous assure ! Et pour moi qui « voyais le loup », érigé, pour la première fois : quel choc !
Pas de celui que j’aurais su apprécier des années plus tard, non, là il était question d’effroi, de peur : mais comment
cet engin allait-il se frayer un chemin ? (intérieurement c’était « putain mais c’est énorme ! comment ça va rentrer bordel ??!)
Pas d’inquiétude, ce qui suit ne sera ni gore ni pathétique. Mon esprit a purement occulté l’acte en lui-même. Ca s’est passé. Voilà.
Après les poils, après les règles, j’étais enfin une femme !
NB : plus tard seulement j’ai compris que ça ne suffisait pas à faire de soi une femme…:-)
Bien sûr qu’il me veut, qu’il en crève. Aussi sûre qu’il a trop de principes pour s’attaquer à briser nos
liens externes. J’invente son regard qui s’assombrit quand il se tourne vers moi ? J’invente ses rapprochements physiques vers moi ? Je rationalise. J’étudie, interprète, pesant mots,
intonations, gestes, regards.
Lorsqu’à ce dîner il s’est fait placer à ma gauche, lorsqu’à ce bar, assis l’un contre l’autre sa cuisse
pressait la mienne, je n’ai plus eu de doutes.
Mais ses principes, foutus principes ! je ne pouvais les enfreindre sans risquer de le faire fuir, sans
risquer de perdre jusqu’à l’infime battement de cils qu’il me dédiait.
C’est lorsque la vie nous a éloigné qu’il s’est mis à me manquer. Certaines de mes nuits sont peuplées de
lui, de son accent à la fois latin et anglo, de son rire franc d'ibère, de son regard charbonneux doux, dur, inquisiteur.
Avoir les occasions de lui tenir tête, de rendre son regard
plus sombre que la nuit ou la colère, le titiller du dard de la jalousie, le voir exploser, s’emporter, se jeter sur moi…
Je l’ai cherché sans rien trouver jusqu’à cette trace, une information dans une langue inconnue.
Oserai-je ? Quoi lui dire ? Confronter fantasme et réalité ?