Si j’avais été bonne fille, j’aurais écrit ce qui va suivre au moment où c’est arrivé, vous seriez donc déjà au courant, et cela me
semblerait moins « réchauffé ».
Bah tant pis…
Consternation de ma part un jour de… – lucidité existentielle ? – je ne sais pas, un jour en tout cas où j’étais seule avec chéri-bibi. Une révélation soudaine (à quoi pensais-je au moment,
mystère) me frappe de plein fouet "je n’ai pas de style" (vestimentaire s’entend) : pire j’ai un non-style, je suis un
non-style.
Ce n’est pas tant d’avoir pris 1 taille, de ne pas faire l’effort de sortir des grandes enseignes de fringues petits prix (Zara, Promod, Camaïeu, la Redoute). NON ! C’est de conserver le
style, les fringues basiques des années 90’, de ne racheter que du simple, du basique qui se portera avec tout, tout le temps, n’importe quand.
Sans compter le fait que me sentant moche et grosse (passer du 38 au 40 ça peut donner ce sentiment, ben si !) : aucune envie d’adhérer aux fashions
tendances des 5 ou 6 dernières années :-(
Je suis atteinte de NON-STYLE. Aaaarrrrggggghhhhhh........ !!!!!!!!!!!!!
Qu’est-ce que je dois faire docteur ? Comment ça se guérit ce machin là ? C’est quoi au juste d’ailleurs, vous pouvez me l’expliquer ?
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- ne plus shopper
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- trouver que l’armoire est suffisamment remplie comme ça
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- conserver ses must-haves basic de chez basic depuis + de 5 ans
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- râler quand il s’agit de se maquiller
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- trouver que la mode n’est faite que pour les ados
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- prendre de haut ces tendances qui défilent à vitesse grand V
=> EN BREF : oublier qu’on est une gonzesse (avant d’être
la femme de, la maman de, la copine de, etc.). Oublier sa féminité quoi ! Et ainsi se rendre invisible à soi-même… puis aux autres.
[Mon NON-STYLE a d’autres revers (à moins que mes autres revers aient participé à mon NON-STYLE ??) : appétit de vivre en berne, peps attitude disparue,
curiosité quasi morte etc.]
1re réaction avec cette prise de conscience glaçante : faut pas rester comme ça, vite aller chez le coiffeur
(certaines préféreront courir voir leur esthéticienne – si cette dernière n’a pas mis la clé sous la porte depuis tout ce temps-, d’autres la manucure, peu importe, chacune son truc).
Réactions en chaîne :
- achat de magazines féminins : pas la peine de sélectionner, de trier, prendre tout ce qui se fait !
- études des styles et tendances existants : des mag, passer au lèche-vitrine. Ce n’est que l’étape de l’étude, la CB peut donc rester bien au chaud à la maison (il vaut
mieux sinon c’est l’achat pour l’achat d’un truc qui restera à vie dans le placard). Ne pas oublier d’observer les femmes dans les rues. Discrètement pour ne
pas passer pour une nympho, sans jalousie (« mais comme fait-elle pour marier toutes ces couleurs sans faire perroquet ? », « elle les a trouvé où ces superbes
chaussures ? », « pourquoi j’ai pas le même look ? », « c’est sûr elle est mieux foutue elle ! », « chuis trop moche de toute
façon »…STOP !! c’est dur mais faisable, promis), mais en alerte constante et en observatrice attentive.
- commencer à prévoir le budget dépenses
- accepter son nouveau corps, ses nouvelles formes (accepter pas subir !)
- sélectionner 1 ou plusieurs styles qui ont retenu l’attention et au mieux qui ont émoustillé la gonzessitude endormie, sinon enfouie, tout-au-fond-loin-au-fond-de-soi
- et là… – roulement de tambour – il faut passer à l’action => soit essayage en boutique.
Il n’est pas là question d’achat mais seulement et uniquement d’essayage. La sélection d’1 ou plusieurs stïles doit être confronter à la réalité
physiologique du sujet (moi/vous). Pas facile-facile, néanmoins indispensable opération puisqu’elle va permettre de choisir un style,
d’abandonner le NON-STYLE au passé :-)
Il faut donc se préparer à :
- de la frustration : « bah non le slim ce n’est vraiment pas pour moi bien que j’adore ce look
- des encouragements : « ben non je n’ai pas l’air ridicule du tout dans une tunique ou dans une jupe boule ; ça
me grossi même pas ! »
Au fait, 2 choses hyper importantes apprises grâce aux mag féminins :
1/ l’importance énooooooooooooorme des accessoires (bijoux, ceintures, broches, chaussures, foulards, sacs)
2/ l’importance d’oser les couleurs, les formes différentes de nos habitudes, l’importance d’oser n’importe quoi qu’on trouve beau / chouette / craquant / trop top et
qui nous va !
Avec tout ça, ma féminité et moi sommes en train de nous réapprivoiser. Je n’ose pas jusqu’au bout mais je m’améliore, et je me sens mieux, + en phase avec les autres
femmes, presque faisant partie de leur clan.
Parviendrai-je à chasser le NON-STYLE ? Ma qué bien sour ! mais pas pour 1 seul style mes goûts sont trop larges et éclectiques !
A bonne entendeuse… :-)
PS : pour les finances limités (ce qui est mon cas également) :
- les mag => bibliothèques
- les fringues => Ebay, boutiques de trocs, les Aubaines de La Redoute